Le procès d’Aminata Touré, dit“Ami la conseillère”, s’est ouvert ce mardi 24 mars à Dixinn, où elle est jugée pour violences verbales et diffusion d’images d’une personne âgée.

Aminata Touré, plus connue sous le nom de “Ami la conseillère”, a comparu ce mardi après‑midi devant le Tribunal de première instance de Dixinn, à Conakry, pour des faits de violences verbales et de diffusion d’images d’une personne âgée sur les réseaux sociaux. Détenue depuis plus de vingt jours, l’influenceuse a reconnu les faits lors de son audition devant le juge, ce qui a marqué un tournant dans la procédure.
À la barre, l’accusée a expliqué que ses publications visaient à dénoncer un vol dont elle affirme avoir été victime. Visiblement inquiète, elle a exprimé ses regrets devant le juge :
<<Je demande pardon, je ne vais plus jamais répéter >>, a-t-elle déclaré avec émotion.
Le tribunal l’a finalement condamnée à un an d’emprisonnement, sortie de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens. Une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pourrait également être appliquée.
Selon les faits rapportés, l’affaire a débuté avec la publication d’une vidéo ou d’images mettant en scène une personne âgée, accompagnée de commentaires jugés insultants et dégradants. Ces contenus, diffusés sur des plateformes de réseaux sociaux, ont suscité une forte réaction du public et une plainte de la famille de la victime. Les autorités judiciaires ont alors ouvert une enquête, conduisant à l’interpellation et à la mise en détention provisoire d’Aminata Touré.
Lors de son audition, l’accusée a admis les propos tenus et la diffusion des images, sans néanmoins minimiser la gravité de ses actes. Elle a notamment expliqué son contexte, ses motivations et présenté des excuses, notamment à la famille de la personne âgée. Le juge a tout de même souligné que la diffusion de contenus portant atteinte à la dignité d’autrui, surtout lorsqu’il s’agit de personnes vulnérables, ne saurait rester impunie, même si la reconnaissance des faits est positive.
Le parquet a requis une sanction assortie d’une peine de prison avec sursis et une forte amende, au regard de la notoriété de l’affaire et de l’impact sur l’opinion publique. La défense, quant à elle, a plaidé la réparation du préjudice, la prise en compte de la reconnaissance des faits et la nécessité de ne pas stigmatiser la liberté d’expression, tout en condamnant la forme et le contenu des propos.
L’affaire reste suivie de près par les acteurs de la société civile, qui y voient un test de la manière dont la justice guinéenne encadre désormais l’usage des réseaux sociaux et la protection des personnes âgées contre les atteintes à leur dignité.
Mariama Oury DIALLO pour guineef3.com
Email: guineef3@gmail.com








