Le nouveau Ministre de la justice et des droits de l’homme, Garde des Sceaux Ibrahima Sory 2 Tounkara a été officiellement installé ce mercredi dans ses fonctions en présence du ministre sortant Yaya Kairaba Kaba .
La cérémonie s’est déroulée dans la salle de conférence du ministère de la Justice, Présidée par le secrétaire général du Gouvernement, Tamba Benoît Kamano, en présence de plusieurs autorités judiciaires, administratives et partenaires institutionnels ainsi que les proches et amis du nouveau ministre
Il a entamé son allocution par ces mots :
En cet instant solennel, où la République se regarde elle-même à travers l’une de ses fonctions les plus nobles, les plus sensibles et les plus exigeantes, je m’incline d’abord devant ALLAH, le Très-Haut, Maître du temps et des destinées, source ultime de toute justice, de toute vérité et de toute équité. C’est par sa volonté que l’homme est appelé à servir plus grand que lui. C’est par sa sagesse que la Justice n’est jamais seulement une règle, mais une conscience en action, une exigence morale, une responsabilité devant l’histoire .
Je rends ensuite un hommage empreint de respect et d’émotion à mes parents biologiques, dont l’éducation, les sacrifices silencieux et l’héritage moral ont façonné en moi le sens du devoir, le respect de l’autorité et l’amour du bien commun.
Leur enseignement demeure le socle invisible de mon engagement public.
Egalement à mon épouse et mes filles pour leur soutien sans failles.
Je mesure pleinement la portée de la confiance que m’accorde Son Excellence Mamadi DOUMBOUYA, Président de la République, en me confiant la charge de premier Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme de la cinquième République. Cette confiance est un mandat républicain, un serment tacite fait à la nation , et une obligation de loyauté, de rigueur et de résultats.
Il a remercié également Monsieur Amadou Oury BAH, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour son leadership, sa vision d’ensemble et son attachement à la cohérence de l’action publique, sans laquelle aucune réforme structurelle ne saurait prospérer.
<<Je tiens à saluer avec une déférence particulière Monsieur Yaya Kaïraba Kaba, mon prédécesseur, éminent magistrat, dont la trajectoire professionnelle force le respect et dont l’action a profondément marqué l’appareil judiciaire guinéen. À cet instant précis la mémoire collective garde en lui, avoir laissé à la Justice guinéenne comme un héritage fait de rigueur, de dignité institutionnelle, et de fidélité aux principes de l’État de droit. >>
Poursuivant il a rappelé que ,
la République ,lui , en est reconnaissante car la Justice ne se construit jamais dans la rupture aveugle, mais dans la continuité responsable, l’amélioration constante et la transmission des valeurs.
:Merci d’avoir contribué à l’épanouissement du magistrat que je suis merci .
Merci d’avoir servi la justice pendant toutes ces années en un mot merci d’avoir servi la Guinée.
La Justice est le pilier silencieux de la République et pour lui lorsqu’elle est forte, la Nation est stable.
Lorsqu’elle est crédible, l’État est respecté.
Lorsqu’elle est humaine, le peuple est réconcilié avec ses institutions.
La Justice n’est ni vengeance, ni complaisance.
Elle est équilibre, mesure, autorité légitime.
C’est pourquoi je m’engage solennellement à respecter scrupuleusement la hiérarchie institutionnelle, à inscrire mon action dans la discipline gouvernementale, et à faire du Ministère de la Justice une administration exemplaire, lisible et responsable.
La cinquième République nous impose une lucidité courageuse. Notre système judiciaire souffre encore de failles structurelles profondes .
Le surpeuplement carcéral demeure l’un des défis les plus graves, résultant principalement : du non-respect des délais légaux de traitement des procédures, du recours excessif à la détention provisoire, de l’insuffisance mise en œuvre des alternatives légales à l’emprisonnement.
La lenteur de la justice, Une justice lente est une justice perçue comme injuste. Elle fragilise la confiance des citoyens et nourrit le sentiment d’arbitraire. Les insuffisances en formation l’évolution du droit, la complexité des contentieux modernes et les exigences internationales imposent une montée en compétence permanente des acteurs judiciaires.
Les déficits infrastructurels des juridictions inadaptées, des établissements pénitentiaires surchargés, des moyens logistiques insuffisants compromettent la dignité humaine et l’efficacité judiciaire.
Le déficit de cohésion institutionnelle.
La Justice est une chaîne,lorsqu’un maillon faiblit, c’est l’ensemble qui vacille.
Aucune réforme ne réussira sans une prise de conscience collective, proactive et courageuse.
J’en appelle aux magistrats, aux greffiers, aux avocats, aux huissiers de justice, aux notaires, aux commissaires-priseurs, aux officiers de police judiciaire aux personnels administratifs, et aux partenaires institutionnels, pour bâtir ensemble une Justice intègre, performante et respectée.
La justice n’appartient pas à un homme. Elle appartient à la République. Elle appartient au peuple.
En ce jour solennel, je prends l’engagement irrévocable de servir la justice guinéenne avec humilité, fermeté, loyauté institutionnelle et fidélité absolue aux valeurs républicaines. Je sais que la tâche est immense mais je crois en la force du collectif. Je crois en la capacité de la Guinée à se doter d’une justice crédible, humaine et moderne, à la hauteur des espérances de son peuple et des exigences de son temps.
En ce jour de passation, je prends l’engagement ferme de servir la Justice avec humilité, rigueur, courage et fidélité aux principes républicains. Je mesure l’ampleur de la tâche et je demeure convaincu que la Guinée peut et doit se doter d’une justice plus crédible, humaine, efficace et respectée:,
à t-il martelé .
Mariama Oury Diallo pour guineef3.com





