
À la faveur d’une conférence de presse tenue ce jeudi, 12 février 2026, le Collectif des Personnes Handicapées Diplômées Sans Emploi en Guinée a dénoncé son exclusion du marché du travail. Devant les médias, ses membres ont appelé les autorités à appliquer les textes garantissant leur droit à l’emploi.
« Handicapés diplômés, oubliés, nous voulons servir notre nation ». À travers ce slogan, le collectif exprime à la fois son indignation et son engagement. Son président, Géant Vévé Koïvogui, a souligné que de nombreux diplômés vivant avec un handicap restent marginalisés malgré les engagements juridiques pris par l’État.
Pour étayer leur arguments, le collectif a rappelé que la Guinée a ratifié des conventions internationales, notamment la Convention 159 de l’Organisation internationale du Travail et la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui consacrent le droit au travail sans discrimination. Ces engagements sont renforcés par la Constitution de 2025 et la loi portant promotion et protection des droits des personnes en situation de handicap.
Selon ses membres, si des mesures de priorité existent dans certains services publics, elles ne s’appliquent pas dans le domaine de l’emploi. « En dehors de l’emploi, quelle est la différence entre une personne handicapée et un mendiant ? », ont-ils déclaré.
Revenant sur le recrutement général à la fonction publique annoncé en 2024, le collectif affirme avoir nourri l’espoir d’une intégration, plusieurs dossiers ayant déjà été déposés auprès de la FEGUIPAH. Cependant, à la veille des concours, un communiqué invitant les candidats handicapés à se faire identifier pour un simple accompagnement a suscité des inquiétudes. Le recrutement par dérogation, déjà pratiqué par le passé, n’a pas été appliqué.
Face à l’absence de réponses à leurs démarches et à des promesses non concrétisées, les membres du collectif ont décidé de saisir l’opinion publique. Ils interpellent directement le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, ainsi que le Premier ministre Amadou Oury Bah, afin que l’emploi des diplômés handicapés devienne une priorité gouvernementale.
Tout en saluant la nomination de la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Adeline Lamah, le collectif espère un tournant décisif. Sa revendication reste claire : un accès effectif à la fonction publique par dérogation. Pour ces diplômés sans emploi, il s’agit non d’une faveur, mais de l’application d’un droit reconnu par les lois de la République.
Mariama Oury Diallo pour guineef3.com
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